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Armes chimiques dans le RifL'historienne espagnole Maria Rosa de Madariaga estime "nécessaire" une reconnaissance par l'Espagne de l'utilisation d'armes chimiques, par l'armée espagnole, contre les populations civiles dans le Rif au début du 20-ème siècle "Il faut séparer la question de la reconnaissance et du mea culpa de la question de la demande d'indemnisations pour les familles des victimes", a affirmé l'historienne espagnole, auteur de plusieurs ouvrages et études sur le Rif, notamment "Espagne et le Rif: chronique d'une histoire presque oubliée", une référence pour les chercheurs qui s'intéressent à la guerre du Rif.
S'exprimant mercredi soir à Madrid dans le cadre d'une table ronde sur l'utilisation des armes chimiques par l'armée espagnole dans la guerre du Rif, Maria de Madariaga a rappelé que les Espagnols cherchaient à "exterminer" les populations rifaines après la débâcle d'Anoual (1921), qu'elle a qualifié de "la plus grande défaite d'une armée coloniale au 20ème siècle".
Le 14 février 2007, le parlement espagnol avait refusé de souscrire à une proposition de loi portant sur la reconnaissance de l'utilisation par l'Espagne d'armes chimiques contre les populations civiles dans le nord du Maroc, au cours de la guerre du Rif (1921-1927) et l'indemnisation des victimes ou leurs descendants.
La commission des affaires constitutionnelles au Congrès des députés a débattu de la proposition de loi invitant l'Etat espagnol à reconnaître le recours "systématique" aux armes chimiques, depuis la débâcle espagnole lors de la bataille d'Anoual, contre la population du Rif, alors que ces armements non conventionnels étaient interdits par les conventions de la Haye de 1899 et 1907.
La proposition de loi, présentée par le parti de la Gauche Républicaine Catalane (ERC) a été rejetée en commission par 33 voix émanant des rangs du Parti Socialiste Ouvrier espagnol (PSOE, au gouvernement) et du Parti Populaire (PP, opposition), les deux partis majoritaires au parlement espagnol.
Le PSOE et le PP ont rejeté en bloc le texte sans présenter aucun amendement qui aurait permis de parvenir à un consensus minimum.
"Les auteurs de ladite proposition de loi avait commis l'erreur de faire l'amalgame entre le mea culpa de l'Etat espagnol et le versement d'indemnités aux victimes. Ils devaient insister uniquement sur la reconnaissance car même la loi de la mémoire historique sur la guerre civile espagnole ne prévoit pas des indemnisations", a estimé l'historienne espagnole.
La table ronde dans le cadre de laquelle s'est exprimé Maria de Madariaga a été organisée par le Groupe Interculturel Nekkor, basé à Madrid, après la projection du documentaire "Arrhash" (venin en amazigh), réalisé par le Marocain Tarik El Idrissi.
Outre Maria Rosa de Madariaga, d'éminents historiens et chercheurs espagnols, comme Juan Pando, Carlos Lazaro ou Angel Vinas, se sont basés sur les archives officiels de l'Etat espagnol pour confirmer que l'armée espagnole a fait usage à outrance d'armes chimiques pour mater la résistance des populations du nord du Maroc, sous le commandement de l'Émir Abdelkrim Khattabi, entre les 1921 et 1927.
Les commandants de l'armée espagnole surnommaient "Bombes X" ou "Bombes spéciales", ces armes produites à partir de matières chimiques très dangereuses comme le Phosgène, qui est, à température ambiante, un gaz très toxique, le Diphosgène ou encore la Ypérite (gaz moutarde) et la Chloropicrine.
Maria Madariaga assure que ces bombes étaient fabriquées dans le préside occupé de Mellilia avec des produits chimiques importés directement d'Allemagne.
http://www.tamazight.biz - Lundi, 03 Novembre 2008 -
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